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Performance environnementale | 27 Mars 2018

L’aviation civile internationale, premier secteur à s’engager dans la réduction de ses émissions

Si l’aviation ne contribue qu’à hauteur de 2% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale, cette proportion a vocation à s’accroître si rien n’est fait pour la limiter. Elle pourrait atteindre 3% à l’horizon 2050 selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). C’est dans ce contexte que le secteur aérien s’est engagé dès 2009 sur des objectifs chiffrés, à court, moyen et long terme pour réduire ses émissions. L’aviation a ainsi été le premier secteur à formaliser un plan d’actions à long terme pour traiter les questions d’impact sur le changement climatique.

C’est donc une stratégie globale qui est mise en œuvre au service d’un objectif environnemental performant: stabiliser les émissions de CO2 à leur niveau de 2020. C’est ce que l’on appelle l’objectif de « croissance neutre en carbone 2020 ».

Une stratégie environnementale articulée autour de quatre leviers.

Le lancement de la thématique PERFORMANCE ENVIRONNEMENTALE par la ministre chargée des transports lors du colloque « Aviation & Climat » réuni ce jour à Paris a mis en perspective les actions déjà menées par le secteur aérien en matière de lutte contre le changement climatique, cela dans le contexte de l’Accord de Paris.

L’objectif de croissance neutre en carbone à partir de 2020 s’articule autour d’une stratégie à 360°. Alors même que le trafic aérien international connaît une croissance moyenne de l’ordre de 5% par an, l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a développé le concept de « panier de mesures », qui consiste à coordonner plusieurs actions de natures différentes mais ayant pour objectif commun d’améliorer la performance environnementale du secteur. Ce panier de mesures comprend quatre axes :

1- L’amélioration de la performance environnementale des avions : agir à la source des émissions

Le CAEP élabore des normes de certification dont l’objet est de pousser les constructeurs à intégrer le meilleur des technologies environnementales dans les avions qui sortent des chaînes ou ceux encore en cours de développement.

Les avions sont aujourd’hui certifiés pour leurs émissions sonores mais aussi pour certains polluants comme les oxydes d’azote. Pour le CO2, la première norme a été adoptée en 2016 par le Conseil de l’OACI. Les efforts de recherche technologique ont déjà permis d’améliorer de manière très significative les performances, environnementales des avions : au cours des cinq dernières décennies, la consommation de carburant par passager kilomètre transporté et les émissions de CO2 associées ont été réduites de l’ordre de 70 à 80 %.

L’État français finance les travaux de recherche portés par le Conseil pour la recherche aéronautique civile française (CORAC). Ces travaux portent à la fois sur les moteurs, l’allègement des structures, le développement et l’emploi des technologies électriques pour assurer la propulsion, mais aussi sur le développement des biocarburants aéronautiques.

2- Des procédures opérationnelles conduisant à réduire la consommation de carburant: mieux naviguer

Grâce à la mise en place du ciel unique européen, des routes plus directes sont mises en oeuvre en particulier la nuit, réduisant la consommation de carburant et les émissions associées. Par ailleurs,  programme européen de recherche et développement SESAR vise la réduction des émissions gazeuses en intervenant sur toutes les phases du vol : au sol, en généralisant le concept de décision collaborative (CDM) entre tous les acteurs du transport aérien. En vol, en étudiant des routes plus directes, des niveaux de vol optimisés et en développant les procédures dites de descente continue, le tout conjugué à une gestion évoluée des arrivées pour limiter les attentes au sol et donc les émissions de CO2.

3- Le développement des biocarburants aéronautiques : consommer « plus vert » 

Le développement des biocarburants n’est pas seulement une alternative aux hydrocarbures liquides, c’est aussi un formidable levier pour réduire l’empreinte environnementale de l’aviation.

La France est le premier pays européen à s’être doté d’un réseau, le comité de coordination sur les futurs carburants aéronautiques, qui fédère tous les acteurs français, afin de coordonner l’effort de recherche et d’établir les premiers jalons de la filière. 

Par ailleurs, l’État français apporte son soutien financier au projet CAER, Carburants Alternatifs pour l’aERonautique, qui doit permettre d’identifier les solutions les plus performantes pour l’aéronautique. La DGAC finance également les travaux de recherche visant à préparer les futures générations d’avions à l’utilisation de ces nouveaux carburants. 

4- Des mesures économiques contraignantes : compenser les émissions 

Il s’agit de compenser les émissions de CO2 qui dépasseront le niveau référentiel atteint en 2020, à l’aide de crédits achetés sur le marché carbone. Objectif de cette mesure: assurer une croissance carbone neutre en compensant les émissions qui n’auront pas été réduites par les différentes mesures précitées. 

La France et l’ensemble de ses partenaires européens ont largement contribué à l’adoption, en octobre 2016, de ce Régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA) par le Conseil de l’OACI. Avec un total de 73 États portés volontaires à la première phase de cet accord, c’est 88% de l’activité aérienne internationale qui sera impliquée dans ce programme compensatoire, dès 2021.

Par ailleurs, depuis 2012 l’Europe a mis en place un mécanisme basé sur le marché, le système européen d’échange de quotas d’émission « ETS », qui s’applique déjà aux vols intra-européens.

En savoir plus sur la filière des biocarburants aéronautiques : 

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