Les aéroports: terrains inattendus de la biodiversité

Performance environnementale | 03 Mai 2018

Les aéroports sont des milieux naturels bien plus ouverts qu’on ne pourrait le penser et peuvent jouer un rôle positif sur leur environnement en le préservant. A contre-courant des idées reçues, les espaces aéroportuaires sont naturellement protégés et appartiennent potentiellement aux dernières grandes prairies d’Europe. Ils abritent une faune et une flore constitutives des écosystèmes locaux et sont partie prenantes des trames vertes. En effet, ils sont un passage et non un obstacle à la dissémination des espèces.

Les aéroports sont constitués de 70% de prairies aéronautiques

Le nombre total d’aéroports en France représente une surface importante, de l’ordre de cinq fois la superficie de la ville de Paris. Ces aéroports abritent très majoritairement des espèces qui sont laissées dans leur état semi-naturel et constituent autant de prairies ou de steppes, des espaces écologiques menacés en Europe. Ils abritent une biodiversité ordinaire riche et bénéfique pour l’environnement. La connaissance et une bonne gestion de la biodiversité sur un aéroport, en minimisant les risques animaliers, contribuent à la sécurité aéroportuaire.

C’est assez peu connu, mais les aéroports sont constitués à 70 % de prairies aéronautiques. Ce sont des milieux naturels bien plus ouverts qu’on ne pourrait le penser et qui jouent un rôle positif sur leur environnement. Ils sont souvent préservés des traitements mécaniques ou chimiques et abritent une faune et une flore constitutives des écosystèmes locaux. La compagnie aérienne HOP! a créé, à l’automne 2013, l'association, HOPBiodiversité, en partenariat avec le Muséum national d'histoire naturelle et le ministère de la transition écologique et solidaire.

L’objectif est d’évaluer la biodiversité des aéroports, d’identifier les bonnes pratiques et de promouvoir une gestion des espèces plus naturelle. L’association, qui a obtenu le label du ministère pour son engagement dans la stratégie nationale pour la biodiversité lors de la COP21, relance son programme de science participative cette année. Elle mène des actions d’observation, de recensement et d’inventaire et organise des programmes pour les établissements scolaires. 15 aéroports sont déjà engagés dans la démarche, dont Roissy et Orly.

Dans le cadre des données biodiversité recensées à ce jour par l’association : 

  • + de 2500 données d’observations sur 2 ans ;
  • 1 000 espèces végétales et animales recensées (dont 120 espèces d’oiseaux) sur 5 plates-formes ;
  • 167 espèces d’oiseaux différentes par aéroport ;
  • 46 espèces de mammifères ;
  • 34 espèces différentes de chauves-souris ;
  • 33 taxons d'orchidées.

Une biodiversité bien gérée, le risque animalier pour l’aviation minimisé

Outre la connaissance, une bonne gestion de la biodiversité aux abords des aéroports contribue à minimiser les risques animaliers. Concrètement, favoriser des écosystèmes équilibrés, sans prolifération de telle ou telle espèce sur les prairies est une manière de renforcer la sécurité sur les aéroports. Tous les aérodromes d'intérêt national ont fait l'objet d'études spécifiques. Depuis 2009, ils ont été dotés d'un service de prévention du péril animalier chargé de mettre en œuvre les méthodes d'effarouchement. L'effarouchement consiste à éloigner les oiseaux des sites aéroportuaires en utilisant différents moyens : sonores, visuels (rayon laser), pyrotechniques.

Une démarche innovante, vertueuse et fédératrice

La compagnie aérienne HOP! a créé à l’automne 2013 l'association, HOPBiodiversité, pour recenser et étudier la biodiversité sur plusieurs aéroports français. L’association HOPBiodiversité a vocation à fédérer les acteurs de l’aérien et la science, partout en France, autour des enjeux liés à la connaissance et à la valorisation de la biodiversité sur les plates-formes aéroportuaires.

L’objectif est d’évaluer la biodiversité des aéroports, d’identifier les bonnes pratiques et de promouvoir une gestion des espèces plus naturelle et respectueuse de la biodiversité. Cette démarche innovante et vertueuse porte un regard nouveau sur la manière dont les activités humaines peuvent coexister avec leur environnement et le préserver. Cette démarche a vocation à sensibiliser le plus grand nombre et notamment le monde éducatif.

Les fondateurs du programme sont l’aéroport de Castres Mazamet, l’aéroport Lorraine Airport, le Groupe ADP (Aéroport d’Orly), l’aéroport de Perpignan Sud de France et la DGAC.

Cette association s’appuie sur un Comité scientifique réunissant les scientifiques du Muséum d’histoire naturelle et des universitaires. Ce comité est le garant de la méthodologie mise en œuvre et des résultats obtenus sur le terrain. A l’échelle nationale et via les programmes de sciences participatives mis en place, les zones aéroportuaires peuvent constituer un réseau de fournisseur de données biologiques. Bruno David, président du Muséum d’histoire naturelle et François Bouvier, Président du Comité scientifique HOPBiodiversité apportent leur patronage à cette institution.

Lors de la COP21, HOPBiodiversité a obtenu le label du ministère de la Transition écologique et solidaire pour son engagement dans la Stratégie nationale pour la biodiversité.

13 aéroports ont rejoint l’association depuis sa création: Castres-Mazamet, l’aéroport Lorraine Airport, le Groupe ADP (Aéroport de Paris-Orly et Paris-Charles de Gaulle), l’aéroport de Perpignan Sud de France, Toulouse-Blagnac, Montpellier-Méditerranée, Morlaix-Ploujean, Brive-Vallée de la Dordogne, Strasbourg-Entzheim, Agen-La Garenne, Bastia-Poretta, Ajaccio-Napoléon-Bonaparte. S’agissant de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, il possède une surface de plus de 32 km2 et constitue un très grand espace vert non agricole. Avec ce partenariat, HOPBiodiversité multiplie par deux la superficie de prairie aéroportuaire concernée par son programme de préservation.

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