Le transport aérien à l’ère du numérique

Performance innovation passager | 26 Juin 2018

Dans tous les secteurs d’activité, la révolution numérique remet en cause les modèles éprouvés. L’aérien n’échappe pas à ce phénomène : de nouveaux services se structurent autour des offres de transport et réinventent l’expérience passager, remettant en cause les équilibres entre acteurs historiques et en faisant émerger de nouveaux concepts. Ce mardi 26 juin, s’est tenu un colloque sur les enjeux du numérique dans le transport aérien sous deux axes complémentaires, en s’intéressant à la façon dont les acteurs traditionnels s’emparent des nouvelles technologies pour innover, et en présentant plusieurs acteurs émergents susceptibles de remettre en cause les équilibres du secteur. Deux tables rondes ont mis en relief ses enjeux et les start-ups ont fait part de leur retour d’expérience.

Comprendre et accompagner les évolutions numériques

Au cours de ces Assises, le numérique et la révolution digitale ont déjà été évoqués dans des événements précédents. Ainsi, lors du colloque organisé par l’ENAC le 17 mai dernier, c’est davantage la chaîne en «amont» qui a été présentée : avec la formation (plateforme ACHIL, …) et l’industrie (Aerospace-Valley, start-up présentant des antennes, volière drones…). De même, l’aspect « data » a largement été abordé lors du concours de data visualisation du 29 mai.

Aujourd’hui, c’est le transport aérien qui est au cœur de l’évènement, avec des interventions en lien avec différents temps du parcours passager : de l’achat du billet (sujet en lien avec la norme NDC de IATA) aux achats en vol grâce au développement du wifi à bord, en passant par les solutions d’accessibilité et de parking. Ce colloque s’inscrit donc naturellement dans le thème de la performance et l’innovation au service des passagers. Des passagers qui, d’ailleurs, sont invités à co-construire le transport aérien de demain en participant aux initiatives «d’innovation ouverte» qu’ont décrit Air France et Aéroports de Paris.

Mais les innovations qui améliorent l’expérience du passager ne sont pas neutres pour le transport aérien : les «business models» des acteurs traditionnels doivent évoluer pour s’adapter à l’arrivée sur le marché de ces nouveaux services et des acteurs qui les proposent. Prendre le virage du numérique, c’est savoir faire face aux challenges et saisir les opportunités. Comprendre ces évolutions est une condition nécessaire pour les pouvoirs publics, afin d’accompagner au mieux le développement du transport aérien dans l’ère du numérique. Alimenter cette réflexion est aussi l’objectif de ce colloque.

Les enjeux pour le transport aérien

Ce colloque cherche à mieux appréhender les enjeux de la révolution numérique dans le transport aérien, en particulier au niveau des impacts sur la chaîne de valeur et sur les services offerts aux passagers. Il a également montré comment les acteurs traditionnels du secteur adaptent leur stratégie d’innovation à ces nouvelles technologies.

La première table ronde a traité la façon dont les nouveaux services et les nouveaux acteurs nés des nouvelles technologies vont impacter la chaîne de valeur du transport aérien. SkyDeals et Travel Car sont intervenus sur des endroits clés de la chaîne de valeur : le premier fait de la vente privée en vol, grâce au développement du réseau wifi à bord, le second propose un service de comparateur de parkings déportés. IATA a également présenté la norme NDC, qui a permis d’ouvrir le marché de la distribution des billets. Enfin, Easyjet a évoqué son service de "hub numérique" mis en place à Gatwick et bientôt Malpensa. Juergen Muller, économiste anglais spécialisé dans le transport aérien a également fait part de sa vision pour alimenter les débats.

Toutes les innovations, heureusement, ne sont pas le fait de nouveaux acteurs ou de « disrupteurs » historiques comme les compagnies à bas coûts. Innover est en effet un enjeu capital pour les acteurs traditionnels du secteur, qui doivent trouver les moyens de suivre le rythme imposé par les nouvelles technologies… Pour cela, ils adoptent bien souvent les nouveaux codes de l’innovation. Ce fût le thème de la seconde table ronde, où notamment Air France et ADP ont présenté leurs politiques d’innovation, en mettant en avant les initiatives dites « open innovation » et d’intrapreneuriat et la façon dont ces nouvelles pratiques transforment leurs organisations. La Direction des services de la Navigation Aérienne, qui adopte également ces nouvelles façons d’innover, a présenté ses initiatives en la matière. Enfin, Laurent Queige du Welcome City Lab a expliqué comment il soutenait et accompagnait les jeunes pousses au sein de son incubateur touristique.

Mettre les entreprises dans les meilleures conditions pour innover, c’est une préoccupation majeure du gouvernement, une piste pour la compétitivité de la France, d’ailleurs bien au-delà du seul transport aérien. Innover, faire évoluer les structures pour être plus dynamique, plus agile, plus efficace, c’est aussi un enjeu majeur pour l’État.

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