Fédérer la filière aéronautique et la recherche industrielle autour de la performance environnementale

Performance environnementale | 06 Juin 2018

Depuis près de 10 ans, le Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile (CORAC) mène un effort concerté et exemplaire de toute la filière aéronautique française (industrie, opérateurs et services de l’État) pour préparer les technologies essentielles à la compétitivité de notre industrie aéronautique civile, dans un monde marqué par une concurrence accrue et des défis de transition écologique et énergétique majeurs. Airbus A350, moteur LEAP, Hélicoptère H160, sont quelques exemples de réalisations concrètes et emblématiques embarquant des technologies issues des travaux du CORAC.

Stimuler, fédérer et coordonner pour innover

Installé en juillet 2008, la création du CORAC s’est inscrite dans une volonté de stimuler, de fédérer, et de coordonner les efforts de recherche et d’innovation pour que les prochaines générations d’aéronefs répondent à des exigences accrues de compétitivité, de sécurité et de protection environnementale. Le CORAC regroupe sous l’impulsion de la DGAC et du GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), l’ensemble des acteurs français du secteur du transport aérien, c’est-à-dire l’industrie aéronautique, les compagnies aériennes, les aéroports, l’ONERA, les acteurs institutionnels et les ministères concernés.

Le CORAC a établi une feuille de route technologique pour la recherche, qui constitue la base d’une stratégie ambitieuse et coordonnée. Le travail collaboratif qu’elle génère reçoit un soutien financier à parité entre l’État et l’industrie, celui de l’État étant en quasi-totalité assuré par le budget de soutien à la R&D dédié de la DGAC.

Une feuille de route composée de trois grands axes stratégiques

En 2017, le CORAC s’est concentré sur l’actualisation de sa feuille de route technologique, qui permet de coordonner les efforts en termes de recherche de toute la filière. Ont ainsi été tracées les grandes lignes des actions de recherche et de technologie pour les années à venir, en vue de préparer la future génération d’aéronefs mais aussi les évolutions et ruptures technologiques dans la manière de les concevoir, de les fabriquer et de les opérer.

Trois grands axes stratégiques ont été fixés :

  • « Autonomie, connectivité et opérations », pour développer un avion connecté et autonome ainsi que des nouveaux modes d’opérations, avec une prise en compte toute particulière de la cyber sécurité.

  • « Les nouvelles méthodes de développement et de production », en adaptant à l’aéronautique les technologies d’intelligence artificielle, de big-data, en travaillant sur de nouveaux processus de production et en développant le recours aux simulations numériques, notamment pour la certification.

  • « L’avion à énergie optimisée », pour réduire les besoins énergétiques des aéronefs. La filière a déjà accompli des progrès considérables en la matière, avec une réduction de 25% des émissions en 15 ans. Elle porte une responsabilité pour continuer de proposer au transport aérien européen et mondial des solutions toujours plus propres et performantes : nouvelles configurations, moteurs à ultra haut taux de dilution, électrification et hybridation de la propulsion, déploiement des matériaux composites, etc.

Un groupe dédié à l’environnement

Au sein du CORAC, le « Réseau Thématique Environnement » permet de réunir l’ensemble des acteurs (représentants de l’industrie, des aéroports, des compagnies aériennes, des laboratoires, de la DGAC) dans le but d’établir un état de l’art de la recherche et de recommander des projets spécifiques permettant de mieux comprendre les mécanismes d’impact du transport aérien sur l’environnement. Ses travaux s’effectuent selon trois thèmes d’études : le climat (relativement au vol des avions en croisière), la qualité de l’air et le bruit (au niveau local, autour des aéroports).

Fin 2015 a été publié le premier rapport du RTE dédié aux nuisances sonores intitulé « Diminuer le bruit et réduire la gêne sonore engendrés par l’aéronautique civile », disponible sur le site du CORAC. Il préconise une approche pluridisciplinaire pour la compréhension des phénomènes de perception sonore, c’est-à-dire la prise en compte des « facteurs acoustiques », le bruit à la source, des « facteurs individuels », relatifs au vécu et aux caractéristiques propres des différents individus, et « socio-territoriaux », regroupant notamment le cadre de vie et le vécu des habitants replacés dans un contexte social et politique large.

En 2017, des acteurs du groupe RTE-Bruit ont réfléchi à un projet de recherche visant à considérer les interactions entre les deux types de facteurs de gêne sonore (facteurs acoustiques et facteurs « humains » - individuels et socio-territoriaux) pour décrire de manière complète la gêne due aux émissions sonores des avions et conduire à une modélisation plus fine des mécanismes de gêne et à des techniques innovantes de compensation ou de réduction de gêne. Ce projet sera lancé cette année.

Dans une démarche similaire, le rapport sur la qualité de l’air, publié par le RTE en 2012, a débouché sur le lancement du projet MOSIQAA (Modélisation et Simulation de la Qualité de l’Air en environnement Aéroportuaire) visant à modéliser et simuler de manière précise la qualité de l’air dans un environnement aéroportuaire dans différentes situations météorologiques, en particulier en période de pics de pollution, ce qui n’avait jamais été étudié auparavant. Ce projet réunit 3 partenaires experts dans ce domaine, l’ONERA, l’INERIS et le CERFACS et est financé entièrement par la DGAC. 

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