Elisabeth Borne

Elisabeth Borne lance les travaux sur la performance environnementale

Consultation | 26 Mars 2018

Ce lundi 26 mars 2018, Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, a ouvert le colloque « Aviation et Climat », premier grand rendez-vous des Assises sur la thématique environnementale.

Cette journée de conférence, animée par différents acteurs du monde aérien, scientifique et universitaire, a permis d’aborder l’engagement du transport aérien dans la lutte contre le changement climatique. Les débats se sont tenus autour des sujets suivants : 

  • la contribution de la recherche aux progrès technologiques,
  • la performance environnementale de la navigation aérienne,
  • les biocarburants
  • et la politique environnementale internationale menée par l’OACI présentée par Boubacar Djibo, Directeur du transport aérien de l’OACI.

Allocution d’Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, prononcée le lundi 26 mars 2018 - DGAC - Paris

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse d’être parmi vous ce matin pour ouvrir le colloque « Aviation et Climat ». Ce colloque occupe une place particulière dans les Assises du transport aérien que j’ai lancées il y a moins d’une semaine. 

Alors que les Assises doivent notamment nous offrir l’occasion de nous pencher sur la performance du transport aérien français, le sujet qui nous réunit aujourd’hui dépasse de très loin nos frontières, puisqu’il s’agit d’évoquer l’engagement du transport aérien dans la lutte contre le changement climatique.

Le changement climatique est, on le sait maintenant avec certitude, le défi majeur que l’Humanité doit relever au 21ème siècle. Ce défi appelle à l’action et nous avons le devoir de construire un avenir durable pour notre planète. Nous sommes tous responsables.

L’Accord de Paris adopté il y a un peu plus de deux ans est un formidable message d’espoir que les Etats du monde entier ont adressé. Un engagement renouvelé à l’occasion du One planet Summit qui s’est déroulé en décembre à Paris à l’initiative du Président de la République. Emmanuel Macron a rappelé qu’« à ne pas aller assez vite on était en train de perdre la bataille et qu’il nous fallait bouger, car nous aurons des comptes à rendre ». 

Face à ce défi collectif sans précédent, nous devons collectivement nous engager, et accélérer notre mobilisation au travers d’actions concrètes, en faveur de la protection de notre planète.

*

D’aucuns ont pu estimer que le secteur aérien, comme le transport  maritime d’ailleurs, était resté en marge de l’accord de Paris. Je veux rétablir les faits, sortir de visions parfois un peu datées et faire mieux connaître la mobilisation de ces deux secteurs. 

J’aurai l’occasion de parler des engagements du maritime en fin de journée, lors de la conférence internationale que nous organisons à Paris sur le thème  du « transport maritime décarboné ». 

C’est aussi pour cela que j’ai voulu que les Assises du transport aérien consacrent une thématique et une journée complète de débat sur les actions menées par le transport aérien en faveur du climat ainsi que les prochaines étapes qui s’annoncent. 

L’accord de Paris se fonde sur les plans d’action climat des Etats et sur leur suivi par des indicateurs nationaux. Ce modèle n’est pas adapté aux activités par nature supranationales, telles que le transport aérien et le transport maritime. C’est la raison pour laquelle, de longue date, il a été admis que l’engagement de ces secteurs devait être porté par les structures internationales placées auprès des Nations-Unies, l’OACI pour l’aérien, l’OMI pour le maritime. 

Le rôle de l’OACI est essentiel : c’est pourquoi je tiens à remercier chaleureusement Monsieur Djibo d’être aujourd’hui parmi nous et de représenter M. Aliu, Président du Conseil de l’OACI. L’OACI œuvre au quotidien pour un développement durable du transport aérien,  qui est essentiel pour rapprocher les hommes, les continents et les cultures. Le transport aérien est un maillon essentiel des échanges dans le monde et joue un rôle majeur dans le dynamisme de nos économies. 

Je pense que ces fonctions essentielles méritent d’être soulignées et rappelées, comme nous aurons l’occasion de le faire tout au long de ces Assises. Je suis convaincue que le transport aérien doit prendre toute sa part à la lutte contre le changement climatique.

*

Il s’agit d’un véritable défi lorsqu’on considère que le trafic croît de 5 % par an en moyenne. 

D’une part, contrairement aux autres modes de transport, l’aviation commerciale ne dispose aujourd’hui d’aucune alternative énergétique crédible et économiquement pertinente aux carburants aéronautiques issus des énergies fossiles. Et, d’autre part, si les progrès technologiques permettent d’envisager, grâce au renouvellement progressif des flottes d’avions en service, des gains d’efficacité énergétique d’environ 1,5 % par an dans les dix prochaines années, on voit qu’à elles seules ces améliorations de la performance ne suffiront pas à compenser les effets de la croissance du trafic.

Certes, la croissance à venir du transport aérien sera plus importante dans certaines régions du monde, comme en Asie ou en Afrique, qu’en Europe. Mais ce sont bien les Etats et les acteurs du monde entier qui doivent se mobiliser, car les stratégies dans ce domaine doivent être cohérentes à l’échelle planétaire.

Le secteur, au travers des Etats et de l’ensemble des acteurs du transport aérien, est ainsi mobilisé depuis de nombreuses années, au sein de l’OACI, et tout spécialement ces dernières années, avec l’engagement particulier du Président Aliu et de ses équipes, au premier titre desquelles, la Direction du transport aérien que vous dirigez, M. Djibo.

Un premier objectif majeur qui mérite d’être mieux connu du grand public, est celui de la stabilisation des émissions de CO2 à leur niveau de 2020, objectif que se sont fixés les Etats membres de l'OACI dès 2010 et qu'a confirmé la 38ème Assemblée générale de l'OACI en 2013. Pour parvenir à stabiliser les émissions à leur niveau de 2020, et ceci malgré la hausse du trafic, les Etats ont défini une stratégie fondée sur quatre leviers, le « panier de mesures » : les progrès technologiques, l’optimisation des opérations aériennes, le développement des carburants alternatifs durables et les mesures de marché.

Les progrès technologiques et les améliorations opérationnelles permettront de réduire de 2 % par an les émissions futures. A eux seuls, ces leviers ne permettront pas de neutraliser les effets de la croissance attendue du trafic.

Ils sont donc indissociables du troisième levier, les carburants alternatifs. Je l’ai dit, je souhaite favoriser l’émergence de biocarburants aéronautiques. Ils doivent être produits en répondant à tous les enjeux de développement durable, je pense notamment à la préservation des terres agricoles, partout sur la planète. Je souhaite que la France soit précurseur, joue un rôle de leadership et fasse émerger une véritable filière industrielle. Certains biocarburants peuvent réduire jusqu’à 80 % les émissions de  gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle. Leur développement est donc crucial.

Et sans attendre ces progrès indispensables, le CORSIA contribuera, dans les prochaines années, à  stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 2020, par des mesures de marché.

Enfin, à l’échelle nationale le Gouvernement français est également fortement mobilisé. Je rappellerai par exemple la signature en décembre dernier d’un « Engagement pour la croissance verte » visant à mettre en place une filière de biocarburants aéronautiques durables en France avec l’appui d’industriels majeurs, que je salue. Cet engagement s'inscrit clairement dans le troisième axe du panier de mesures de l'OACI. Je voudrais également citer les 135 millions d'euros par an pour soutenir la recherche aéronautique civile dans le cadre du Conseil pour la recherche aéronautique civile – le  « CoRAC », que je préside - et préparer le transport aérien de demain, plus respectueux de l’environnement et plus performant.

Ces exemples témoignent de la mobilisation du Gouvernement, des acteurs industriels, économiques et institutionnels. Je souhaite que cette journée offre l’occasion de mieux les faire connaitre.

*

Pour finir, je voudrais encourager l’ensemble des acteurs du transport aérien à poursuivre leurs efforts afin de garantir un développement durable de l’aviation. Un défi dont le succès passe vraiment par la mobilisation de tous. C’est une attente forte de nos concitoyens et c’est donc aussi mon attente.

Permettez-moi enfin de réaffirmer l’inlassable soutien que la France, en lien avec ses partenaires européens, continuera à apporter à la lutte contre le changement climatique, auprès de  tous les acteurs qui y sont engagés. Vous pouvez compter sur la mobilisation du Gouvernement, celle de Nicolas Hulot et la mienne. 

Alors, je vous souhaite une journée riche de débats, constructive et qui donne à voir des perspectives ambitieuses pour l’ensemble de ces défis !

Je vous remercie.

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