Brune Poirson salue la prise en compte de la politique de préservation de la biodiversité́ dans la gestion aéroportuaire

Performance environnementale | 07 Mai 2018

Ce jeudi 03 mai 2018, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a clôturé le colloque biodiversité, grand rendez-vous des Assises sur la thématique environnementale.

Cette journée de conférence, animée par différents acteurs du monde aérien, scientifique et universitaire, a permis d’aborder l’engagement du transport aérien en faveur de la biodiversité aéroportuaire. Les débats se sont tenus autour des sujets suivants : 

  • l’opportunité de la biodiversité pour le transport aérien et l’engagement du secteur en sa faveur,
  • la biodiversité, un atout pour une infrastructure industrielle, vecteur de sécurité aérienne,
  • les modalités de gestion du couvert herbacé sur les prairies aéroportuaires.

Allocution de Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, prononcée le jeudi 03 mai 2018 - Hôtel de Roquelaure - Paris

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs

Bonjour à toutes et tous,

Je suis ravie d’avoir l’opportunité́ de clôturer votre journée. 

Vous avez débattu de vos expériences communes, naissantes ou confirmées. Agir ensemble, c’est essentiel, pour engager une politique transverse, comme l’a rappelé́ très justement la ministre des Transports, Élisabeth Borne, en ouverture de cette journée. 

Nous retrouver si nombreux pour discuter de l’engagement du transport aérien en faveur de la biodiversité́ incarne la réalité́ de la transition écologique en cours dans notre pays. 

Elle révèle également l’urgence chaque jour plus grande d’agir à toutes les échelles et dans chacun des espaces de notre territoire pour enrayer le déclin de notre biodiversité́. 

Car sans le bon fonctionnement des écosystèmes, notre lutte contre le changement climatique demeurera vaine. Notre qualité́ de vie dépend en grande partie de celui-ci. La capacité́ de production de biens et de services même, est en lien direct ou indirect avec des écosystèmes et des espèces riches et diversifiés. 

Les chiffres publiés ces dernières années, ces derniers mois révèlent l’accélération de la disparition de certaines espèces. 

Les oiseaux de nos campagnes, les insectes qui fertilisent nos champs et nos sols, tous souffrent de la dégradation en cours de la planète. 

Nos ressources s’épuisent, notre productivité́ s’obère et nos besoins ne cessent de croitre. Pour contrer ce cercle vicieux, chacun, au quotidien, a une responsabilité́ et doit agir. 

Les ambitions portées par le gouvernement sont à la hauteur de la responsabilité́ particulière de la France en la matière : nous possédons le 1er espace maritime au monde et nous sommes l’un des rares pays industrialises à accueillir une forêt tropicale. 

Depuis la signature de la Déclaration de Rio au sommet de la Terre en 1992, tenu sous l’égide de l’ONU, l’objectif est clair : il faut endiguer l’érosion de la biodiversité́. 

Nous avons déjà̀ pris des engagements forts sur la question climatique et nous sommes déterminés à faire de même pour endiguer le déclin de notre biodiversité́. 

Pour accélérer la dynamique en sa faveur, nous serons en première ligne lors des prochains grands rendez-vous internationaux. 

Récemment, avec la loi du 8 août 2016 « pour la reconquête de la biodiversité́, de la nature et des paysages », de nouveaux engagements forts ont été́ pris en faveur de la biodiversité́ par l’État (rappelons la création de l’Agence française pour la biodiversité́), par les collectivités territoriales, les entreprises et le tissu associatif. 

Lors de la COP15 prévue en Chine fin 2020, un nouveau cadre pour la préservation de la biodiversité́ mondiale sera adopté, dans le prolongement des objectifs d’Aichi et pour la prochaine décennie. L’enjeu est de taille. 

La France sera force de proposition et mettra tout en œuvre pour encourager l’implication de chacun des acteurs dans la préservation de la biodiversité́. 

Avant, du G7 dont elle prendra la présidence en 2019 au Congrès Mondial pour la nature, la France fera de la survie de toutes les espèces, un enjeu crucial. 

Vous le savez, il n’y a pas de planète B et pour rendre sa grandeur à notre planète nous avons besoin de l’énergie de tous et de solutions concrètes. Et c’est avec vous que nous les trouverons. 

Nos engagements internationaux, naissent ici, sur notre territoire, parce que nous avons la chance d’avoir des acteurs du changement innovants et des professionnels engagés. 

D’ici quinze jours, les travaux en faveur d’un plan Biodiversité́ seront lancés par le Ministre d’État. Ils traduiront les engagements pris par le gouvernement et révèleront la richesse et l’optimisme de nos talents. Car ce sont vos intuitions et vos idées, votre expertise et votre imagination qui font de la France un pays en pointe sur les questions de développement durable. 

Vous évoluez chaque jour au cœur d’un formidable écosystème. Fort des 500 000 km2 que représentent les 500 aéroports et aérodromes dissémines en France, vous formez, un « archipel vert ». 

Cette belle expression, je l’emprunte à l’association HOP Biodiversité́ à laquelle je veux rendre hommage. Si elle a su valoriser avec poésie la richesse des territoires dont vous êtes dépositaires, elle a également engagé un combat scientifique qui est devenu une ressource essentielle. 

Consciente de la nécessité d’associer développement du transport aérien et dispersion de la biodiversité́, elle fait évoluer les modes de gestion des prairies aéroportuaires grâce à la collaboration de scientifiques et de professionnels de votre secteur. 

Si certains d’entre vous sont déjà̀ de sérieux partenaires, il est nécessaire d’aller plus loin : car seuls une vingtaine d’aéroport à ce jour ont intègré une démarche environnementale à leur mode d’exploitation. 

Je prends d’ailleurs acte de l’engagement de grands groupes comme Aéroports de Paris et Vinci Airports sur les plateformes qu’ils exploitent. Je leur rappelle que la crédibilité́ de leur démarche sera évaluée au regard de critères scientifiques nécessitant une collaboration que j’espère fructueuse avec nos institutions savantes. 

Concilier sécurité́ du transport aérien et protection de l’environnement à une plus grande échelle a des conséquences très positives à bien des égards. 

La chute de la biodiversité́ met en danger la nature, mais aussi notre économie, notre sécurité́ alimentaire, la qualité́ de vie des populations. En transformant, nos manières de faire aujourd’hui, en étant attentifs à chaque espace de nature, nous avons une chance de préserver notre environnement et notre mode de vie. 

Vous avez un fort potentiel de fédération et d’engagement. C’est pour cela que la démarche de valorisation et de protection de la biodiversité́ que vous avez entamée doit être félicitée, valorisée et encouragée. 

Les grandes entreprises de l’aéroportuaires, les compagnies aériennes, les industriels, ensemble, vous pouvez faire bouger les lignes. Nous n’en attendons pas moins de votre secteur mais aussi de beaucoup d’autres. Car il est temps que la biodiversité́ devienne un levier pour produire et consommer autrement. Prendre conscience de la finitude de nos ressources mais aussi du potentiel inestimable en connaissance et en innovations que constitue le vivant. N’oublions pas que l’on est devant 4.5 milliards d’années d’évolution. 

Nous avons besoin d’échanger avec vous, de connaitre vos difficultés, vos attentes, pour encourager au mieux vos forces. Et si nous attendons beaucoup de vous, nous pouvons aussi être force de propositions.

*

Plusieurs pistes sont à creuser : 

  • La compensation carbone se développe, pourquoi ne pas imaginer une compensation biodiversité́ ? 
  • Pour accompagner votre gestion de ces vastes espaces dont les aéroports ont seuls l’emprise, pourquoi ne pas utiliser les leviers offerts par les sciences participatives ? La coopération entre chercheurs, professionnels et individus passionnés serait un terreau fertile.
  • Les idées émergentes pourront aider au développement de ces terres encore protégées d’un certain nombre de maux. Sous l’influence, des citoyens comme des experts, elles pourraient devenir des espaces d’expérimentation d’une gestion 100% écologique. 
  • Enfin, des opérations de sensibilisation des passagers pourraient être organisées. Prenant en compte, la richesse du mélange des populations dans ces espaces internationaux, ce serait l’occasion de transmettre et d’exporter les bonnes idées. 

Je salue l’illustration de la transition écologique, par ce que vous nous avez montré : la prise en compte de la politique de préservation de la biodiversité́ dans la gestion d’un secteur industriel sans que ses modes de fonctionnement ne s’en trouvent bouleversés, sans que la gestion du foncier d’un aéroport ne s’en trouve perturbé, sans que la sécurité́ de l’activité́ aérienne ne soit remise en cause. 

Vous avez déjà̀ fait preuve d’audace, en allant à contre-courant des idées reçues sur votre secteur. 

Vous avez perçu que la biodiversité́ pouvait être un atout plutôt qu’une contrainte. 

Pour l’environnement et en faveur de notre biodiversité́, engageons-nous, ensemble, à aller encore plus loin. 

Je vous remercie. 

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